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Historique des éditoriaux:

Numéro 88

  du 08 / 12 / 2018 par Jean Etèvenaux

Présentation:

La saison des prix littéraires rappelle leur impact sur les ventes. D’après une étude réalisée par le Panel Consommateurs GfK sur les années 2012 à 2016, quatre prix entraînent des ventes supérieures à 200 000 exemplaires, avec un total dépassant 1,3 million. La moyenne du Goncourt des lycéens — créé en 1988 par la Fnac et l’Éducation nationale et décerné par 2 000 élèves de 52 classes — se situe à 443 100, celle du Goncourt à 398 100, celle de l’Académie française à 246 700 et celle du Renaudot à 220 900. Viennent ensuite, loin derrière, le Femina avec 83 000 exemplaires, l’Interallié avec 65 500 et le Médicis avec 41 200.
Puisqu’on parle de chiffres, on ajoutera des données fournies par une société coopérative d’intérêt collectif, le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne. L’industrie du livre entraînerait ainsi annuellement quelque 70 millions d’euros de bénéfices — au profit des grands groupes comportant plusieurs maisons d’édition — alors qu’elle coûterait 52 millions en destructions écologiques, liées à la fabrication du papier, mais aussi sociales, notamment avec les délocalisations — on voit de plus en plus d’impressions réalisées en Chine.
Il faut par ailleurs savoir que la France comporte une dizaine de milliers d’éditeurs — dont la moitié proposent moins de 10 titres —, 88 000 auteurs, 7 400 illustrateurs, dessinateurs, coloristes et graphistes et, enfin, 6 200 traducteurs. Si la production, de l’ordre de 68 000 titres annuels, a triplé en moins d’un demi-siècle, un livre imprimé sur quatre finit aujourd’hui au pilon — ce qui représenterait à peu près 150 millions de volumes. Les grands éditeurs mènent en effet une politique du chiffre, appuyée sur des best-sellers et des placements obligés dans les librairies afin d’attirer l’attention du client puisqu’un Français sur deux achète (encore ?) un livre chaque année.
La distribution a entrepris une rationalisation du fait de l’extrême rapidité avec laquelle un livre peut être réimprimé à la demande et expédié. Globalement, le secteur de la librairie se trouve en difficulté avec une baisse des points de vente et du personnel. Les effectifs à l’intérieur des maisons d’édition ont également baissé de l’ordre de 10 % et l’imprimerie encore davantage. Du coup, on comprend que l’auto-édition — à ne pas confondre avec l’édition à compte d’auteur, prise en charge par un éditeur qui fait payer ses services à l’écrivain — prenne de plus en plus d’importance, tout au moins pour les auteurs qui ont su trouver leur public.


Au salon de Chevinay

Le dimanche 1er octobre s'ouvrait à 10 heures à la salle des fêtes le 11e Salon des Écrivains de Chevinay, après une interruption de 10 ans. Trente auteurs régionaux ont présenté leurs ouvrages dans différents domaines littéraires : roman, essais philosophiques, poésie, livres jeunesse. Toutes les générations étaient représentées, de 25 à 86 ans. Certains en étaient à leur premier titre et d'autres avaient dépassé la vingtaine.
Deux associations d'écrivains étaient représentées. La Sélyre, avec son président Jean Étèvenaux, et l'Ueraa, l’Union des Auteurs Rhône-Alpes-Auvergne, par ses vices présidentes Aïcha Vesin-Cherif et Joëlle Vincent. Les éditions Héraclite étaient également de la partie avec Damien Corban, éditeur et auteur. La journée a été animée par un apéritif en fin de matinée, suivi du repas offert aux auteurs. Les visiteurs en petit nombre ont cependant défilé toute la journée, et des échanges ont eu lieu avec les écrivains, lesquels se sont déclarés très satisfaits de la rencontre et enchantés par l'accueil. Dans l'après-midi a eu lieu la remise des prix du 6e concours de nouvelles dont le thème était « Rencontre insolite ». Le premier prix de 150 euros a été remporté par un concurrent de Saône-et-Loire, Gérald Filias. Les enfants de l'école ont eu également leur concours et ils sont 13 à avoir participé. Les maîtresses ont joué le jeu et guidé les écrivains en herbe de CE2, CM1 et CM2.
A.L.


 


La Sélyre à l'Arbresle

Le rendez-vous était donné devant l’Office de Tourisme ce samedi 23 septembre et seize participants se sont retrouvés à l'heure convenue. Daniel Broutier, guide bénévole et passionné d'histoire locale a rapidement présenté le passé de la région et de ses ressources jusqu’à aujourd’hui en commençant avec un vestige du mur d'enceinte et une borne royale remarquablement bien conservée. Puis il a entraîné le groupe à travers quelques sites remarquables : la maison des Valous, et son puits surprenant, avec la cour restaurée. La découverte de la vieille ville a suivi avec le tour des ruelles aux recoins secrets et leurs maisons très anciennes.
L'église a été le point culminant du circuit avec une visite écourtée faute de temps. Le repas au Sain Bacchus, à Sain Bel a été un moment de détente et de plaisir très apprécié. Retour à L'Arbresle pour retrouver notre guide qui nous a conduit sur les traces de Maître Philippe. En chemin, nous avons eu droit à une description du personnage étonnant avant d'arriver au Clos Landar où il avait séjourné. De retour à l'Office de Tourisme, il a été possible découvrir la vie locale dans la Maison de Pays avec ses industries et cultures locales. Et se procurer aussi de la documentation sur Maître Philippe. 




Approcher le judaïsme par les livres

Commençons par quelques ouvrages généraux concernant les fidèles des diverses croyances. Ainsi, Hugh P. Kemp propose-t-il Le guide des religions du monde (Mus, Éditions Empreinte, 2015 [édition originale en anglais : 2013], 128 pages). De même, Régine Azria, Pascal Buresi, Sonia Fellous et Anna Van den Kerchove présentent-ils Les monothéismes d’hier à aujourd’hui (Paris, La Documentation française, 2015, 192 pages). Isy Morgensztern se concentre aussi sur L’aventure monothéiste. Judaïsme, christianisme et islam : ce qui les rapproche, ce qui les distingue (Paris, La Découverte, 2015, 312 pages).
Cela amène inévitablement à se poser la question traitée par Jaroslav Pelikan : À qui appartient la Bible ? (Paris, Cnrs, 2015 [1re édition : La Table ronde, 2005], 362 pages). À partir de là, certaines approches peuvent être communes ou, tout au moins, intéresser autant les chrétiens que les juifs. C’est ce que montrent François-Xavier Amherdt, Marie-Christine Varone et Jean-Michel Poffet avec Les psaumes : chemin de prière (Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2014 [nouvelle édition], 288 pages) tout comme Georges Athanasiadès avec Psaumes comprendre – aimer - prier (Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2014, 144 pages).
Vient ensuite une réflexion sur la manière de se comporter des uns et des autres, ce que Vincent Guibert résume dans le cas particulier illustré par Benoît XVI : Le dialogue interreligieux chez Joseph Ratzinger (Paris / Les Plans sur Bex, Parole et Silence, 2015, 130 pages).
Ce compagnonnage amène évidemment à s’interroger, tel Yaël Hirsch et son Rester juif ? (Paris, Perrin, 2014, 376 pages). On ne s’étonnera pas que Bernard-Henri Lévy lui-même défende L’esprit du judaïsme (Paris, Grasset, 2016, 448 pages), d’autant plus que sa sœur, Véronique Lévy, raconte comment elle est devenue chrétienne dans Montre-moi ton visage (Paris, Cerf, 2015, 338 pages). Cette proximité se trouve également mise en avant par Florence et Thierry Mathieu dans Ruth, une amie sur le chemin. Tradition juive, lumière carmélitaine (Paris / Les Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2014, 138 pages). De même, Jean-Baptiste Nadler explore Les racines juives de la messe (Paris / Tours, Éditions de l’Emmanuel / Éditions Transmettre, 2015, 128 pages).
Le passé, on le sait, a été multiple. Deux ouvrages permettent de se pencher sur le cas français. Juliette Sibon rappelle ce qu’a signifié Chasser les juifs pour régner. Les expulsions par les rois de France au Moyen Âge (Paris, Perrin, 2016, 302 pages). Olivier Georges, lui, montre ce qui a été accompli lors de la Seconde Guerre mondiale par Pierre-Marie Gerlier, le cardinal militant 1880-1965 (Paris, Desclée de Brouwer, 2014, 476 pages). À un niveau plus général, Andrea Riccardi retrace L’hiver le plus long. 1943-1944 : Pie XII, les Juifs et les nazis à Rome (Paris / Perpignan, Desclée de Brouwer, 2017 [édition originale en italien : Rome, Giuseppe Laterza & Figli, 2008], 448 pages), qui rétablit les faits obscurcis par diverses propagandes. Du coup, Alexandre Adler développe Une affaire de famille. Jean XXIII, les juifs et les chrétiens (Paris, Cerf, 2014, 144 pages). On trouvera également des renseignements dans deux livres plus généraux, celui de John W. O’Malley faisant parcourir Une histoire des papes. De Pierre à François (Namur / Paris, Éditions jésuites, 2016 [édition originale en anglais : 2010], 400 pages) et celui de Bernard Lecomte effeuillant son Dictionnaire amoureux des papes (Paris, Plon, 2016, 640 pages).
Enfin, pour regarder, là aussi, les réalités en face, on lira l’étude de Pierre-André Taguieff sur Une France antijuive ? Regards sur la nouvelle configuration judéophobe. Antisionisme, propalestinisme, islamisme (Paris, Cnrs Éditions, 2015, 328 pages). 


 


Des bd pour rire jeune

La bande dessinée s’adresse à tous les publics, donc à tous les âges. Voilà pourquoi les albums ici présentés ne concernent pas que les jeunes, enfants ou adolescents, même si leur graphisme peut évoquer des univers qu’on retrouve dans certains dessins animés et films d’animation — pour ne rien dire des mangas. Leur contenu montre en tout cas qu’on peut rire jeune à toute époque de sa vie.
Deux histoires de chat pour commencer. Le petit format La vie chez mon chat (Bamboo) constitue un véritable bijou, dû à deux spécialistes chevronnés, Cazenove et Larbier, qui mêlent observations judicieuses, devinettes et gags. On ne s’étonnera pas de retrouver le premier en compagnie de Richez et Ramon pour le 7e tome de Cath & son chat (Bamboo), également hilarant.
Cette fois avec Fenech, Cazenove rassemble en un 8e volume les aventures de Jessica, Mes cop’s (Bamboo) ; Piste and love ne se déroule d’ailleurs pas qu’au ski et les gamelles sont diverses… Autres sports avec Marie-Lune (Vents d’ouest), qui permet à Douyé et Yllya de montrer aussi les relations familiales grâce à ce 9e recueil, Je nage (presque) dans le bonheur. On reste dans le même style avec Crip et BeKa pour la 10e partie de Studio Danse (Bamboo), avec des environnements différents.
Un des grands succès de Bamboo, depuis pas loin de vingt ans, est constitué par la série Les profs, résultat de la collaboration de Léturgie (Simon, pour ne pas le confondre avec son père Jean) et d’Erroc ; ce 19e tome, Note to be, ne concerne évidemment pas que l’enseignante d’anglais, si envahissante soit-elle ! Puisqu’on aborde l’éducation, il faut mettre en avant trois séries, toujours chez le même éditeur bourguignon — son siège se trouve juste à côté de Mâcon — qui réussissent le pari toujours difficile d’allier la découverte d’un sujet à l’humour des situations. Dans leurs deux premiers tomes, Plumeri et Bloz retiennent l’attention avec Les dinosaures en bande dessinée, complétés par huit pages de bonus, le premier sur le tyrannosaurus rex et le second que l’ampelosaurus. On retrouve Cazenove, avec Vodarzac et Cosby, pour le 4e volume sur Les insectes en bande dessinée, avec six pages de complément documentaire réalisé par Micropolis, la cité des insectes sise du côté de Millau. Enfin, avec Jytéry, notre multiscénariste vient de sortir une nouvelle édition concernant Les animaux marins en bande dessinée, doté d’un cahier pédagogique réalisé avec l’Union des conservateurs d’aquariums ; comme dans les précédents, l’approche reste très humoristique.
Bien connu pour sa reprise de Sylvain et Sylvette et ayant travaillé aussi avec Cazenove, Bérik — le fils de Francis Bergèse, celui qui a poursuivi un temps Buck Danny — est l’auteur d’une nouvelle série, Sorcel Story (Idc), dont le premier tome, Panique au château, met en scène de gentils petits monstres. Quant à Russell Punter et Matteo Pincelli, ils ont revisité Les aventures de Robin des Bois (Usborne), album agrémenté d’une bonne présentation du personnage. On retrouve aussi Cazenove et Larbier pour un agréable panorama d’un ensemble patrimonial de première importance, Les châteaux de la Loire (Bamboo) ; il ne pouvait évidemment être complet — le capitaine Haddock aura certainement regretté l’absence de Cheverny/Moulinsart — mais il s’avère fort plaisant.
Ces châteaux avaient été traités, justement par Cazenove, accompagné de Richez et Saive, dans la série consacrée aux vins. Cette fois-ci, ils mettent en scène Les fondus des vins de Savoie – Jura - Suisse (Bamboo) d’une façon fort gouleyante. Enfin, c’est un autre voyage dans le temps que proposent les éditions du Triomphe avec la réédition de Pat’apouf et le virus de la mort, du regretté Gervy et datant d’il y a soixante ans.
Gihé

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