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Historique des éditoriaux:

Numéro 69

  du 24 / 11 / 2013 par Jean Etèvenaux

Présentation:

L’éditorial du président

Notre prochaine réunion se situera juste avant le début des festivités du 8 décembre. Celles-ci promettent leur lot habituel de nouveautés et… de touristes — puisque, maintenant, c’est par millions qu’ils se comptent sur les quatre jours pendant lesquels dure ce qui est devenu la Fête des Lumières.

C’est en effet du vendredi 6 au lundi 9 décembre que l’on pourra découvrir ce qui a su devenir un rendez-vous incontournable de la vie lyonnaise, à destination d’un public très varié et de plus en plus international. Nous nous contenterons ici de rappeler l’origine de cette manifestation, tout en sachant très bien que l’aspect ludique, culturel et commercial développé depuis un quart de siècle par les différentes municipalités lyonnaises constitue une incontestable aubaine pour la cité et la région, qui y ont trouvé une attractivité enracinée dans le temps.

Tout cela ne se serait jamais développé si les Lyonnais n’avaient pas voulu célébrer à tout prix l’inauguration du nouveau clocher de l’ancienne chapelle de Fourvière surmonté de la fameuse statue dorée réalisée par le sculpteur Joseph-Hugues Fabisch. Ce 8 décembre 1852 a marqué d’abord une grande continuité dans la vénération de la Vierge par les Lyonnais et une volonté explicite de ne plus se laisser arrêter par les incertitudes climatiques qui avaient déjà entraîné une annulation trois mois plus tôt. La ferveur populaire qui, en fait, a contraint les autorités religieuses à ne pas procéder à un nouveau report des manifestations constitue un bel exemple de la tranquille opiniâtreté de la population. Et, déploré par les autorités de l’époque, le fait que l’enthousiasme se soit révélé plus grand que lors de la proclamation du Second Empire six jours plus tôt indique bien la profondeur des sentiments alors exprimés.

Il n’y a donc pas, contrairement à ce que l’on entend encore souvent, de lien direct avec le recul de la peste — célébré depuis 1643 le 7 septembre par les échevins. Certes, tout cela s’inscrit dans la même proximité avec Marie, mais la rigueur oblige à préciser la véritable motivation du premier 8 décembre. Elle ne se révèle d’ailleurs pas contradictoire avec la fête profane d’aujourd’hui, d’autant que l’Église organise non seulement beaucoup d’offices et de processions mais aussi des occasions de rencontre avec ceux qui déambulent dans les artères de la cité.

Le 5 décembre, nous procéderons donc à la pré-ouverture des illuminations du 8 décembre. Les années précédentes, nous avions craint un chevauchement et avions préféré un léger décalage. Cette fois, nous serons les premiers — avec vous tous.

 

Secrets et découvertes de l’Histoire

Globale, limitée dans l’espace géographique ou attachée à un thème, l’Histoire continue à retenir l’attention des lecteurs. En voici un aperçu.
En ce qui concerne les visions d’ensemble, on peut d’abord reprendre des approches simples et agréables. Ainsi avec Stéphane Bern, qui propose en même temps Le bel esprit de l’Histoire (Paris, Albin Michel, 2013, 324 pages) et le tome 4 de ses Secrets d’Histoire (Paris, Albin Michel, 2013, 360 pages) — profitons-en pour mentionner, à l’intention des plus jeunes, ses quatre Mystères de l’Histoire réalisés avec la participation de Julien Colliat : Les chevaliers de la Table ronde. La légende, L’Égypte ancienne, Jules César et l’Empire romain et La Préhistoire. L’incroyable épopée de l’histoire de l’homme (chaque volume : Paris, Albin Michel, 2013, 28 pages). D’autres poursuivent leur travail de fourmi, tel celui commencé sous la direction de Jules Balteau et Michel Prevost et poursuivi par Yves Chiron, à savoir le fascicule CXXII du Dictionnaire de biographie française, qui va de Le Nain à Lepage de Lingerville (Paris, Letouzey et Ané, 2012, 254 pages [foliotées de 258 à 511]).
L’histoire se décline aussi par pays, par régions et par villes. Parmi les premiers, citons, de Philippe Nourry, l’Histoire de l’Espagne. Des origines à nos jours (Paris, Tallandier, 2013, 796 pages). En ce qui concerne les anciennes provinces, on alignera de Jean Prost l’Histoire de la Bourgogne en bandes dessinées (Gleizé, Éditions du Poutan, t. I : Des chevaux sauvages aux grands ducs, 2011, 48 pages ; t. II : Des grands ducs aux grands conflits, 2012, 48 pages), de Jean-Pierre Le Mat l’Histoire de Bretagne. Le point de vue breton (postface : Les nations insuffisantes, Fouesnant, Yoran Embanner, 2010, 304 pages), de Francescu-Maria Perfettini l’Histoire de Corse. Le point de vue corse (Fouesnant, Yoran Embanner, 2009, 240 pages), de Marie Vallée-Roche Le Languedoc-Roussillon des origines à nos jours (Rennes, Ouest-France, 2012, 128 pages), de Pierre Brasme La Lorraine des origines à nos jours (Rennes, Ouest-France, 2012, 128 pages) et de François Waag l’Histoire d’Alsace. Le point de vue alsacien (Fouesnant, Yoran Embanner, 2012, 336 pages). Du côté des cités, on retiendra, de Mickaël Augeron et Jean-Louis Mahé, l’Histoire de La Rochelle (La Crèche, Geste Éditions, 2012, 256 pages).
Pour les thèmes, le choix reste vaste. Frédéric Chauviré raconte l’Histoire de la cavalerie (Paris, Perrin, 2013, 384 pages) alors que Michèle Therrien examine Les Inuit (Paris, Les Belles-Lettres, 2012, 270 pages). Yves Chiron décrypte l’Histoire des conciles (Paris, Perrin, 2011, 290 pages) tandis que François Huguenin déroule l’Histoire intellectuelle des droites (Paris, Perrin, 2013 [1ère édition : La Table Ronde, 2006], 512 pages). Quant à Jean-Claude Baudet, il retrace l’Histoire de la pensée, Bruxelles / Paris, Jourdan, 2013, 336 pages).

Jean Étèvenaux


Sur la politique française

Pour comprendre la politique française, rien de mieux que quelques livres permettant de voir un peu plus clair aussi bien dans le système en place que dans les hommes censés le faire fonctionner. Cela aide, d’ailleurs, à s’interroger sur le futur — même s’il faut toujours se montrer prudent.

En ce qui concerne les institutions, Raphaël Hdas-Lebel pose la question : Quel avenir pour la Ve République ? (Paris, Odile Jacob, 2012, 288 pages). C’est, au fond, la même problématique qu’examinent Charles Waline, Marc Thoumelou et Samir Hammal dans Les institutions de la France en questions (Paris, La Documentation française, 2013, 256 pages). Il convient également de se plonger un peu dans l’évolution sur une plus longue période, comme y invite Olivier Feiertag avec L’économie française de 1914 à nos jours. Le temps de la mondialisation, (dossier de La Documentation photographique, n° 8081, mai-juin 2011). On doit aussi considérer La France dans le monde (n° 61-62, mai-août 2013, de Questions internationales). Enfin, reste d’actualité La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2012 (Paris, Commission nationale consultative des droits de l’homme / La Documentation française, 2013, 502 pages).
Il faut ensuite tenir compte du fonctionnement. Xavier Bébin livre un constat : Quand la justice crée l’insécurité (Paris, Fayard, 2013, 306 pages). À la suite des manifestations contre le « mariage pour tous », François Billot de Lochner s’interroge : La répression pour tous ? (Paris, Lethielleux / François-Xavier de Guibert, 2013, 160 pages). Alain Sandler magnifie ceux qui, aujourd’hui, sont Les résistants (Lyon [?], 7 écrit, 2012 [?], 88 pages). Plus analytique, Guillaume Gourgues détaille Les politiques de démocratie participative (Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2013, 150 pages). Quant à Maryvonne de Saint Pulgent, son Jack Lang, batailles pour la culture. Dix ans de politiques culturelles (Paris, Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication / La Documentation française, 2013, 256 pages) montre le poids de son héritage.
Il y a également ce qui s’est déroulé l’année dernière. Nicolas Barotte et Nathalie Schuck montrent les Coups pour coups. Les petits secrets et grandes manœuvres du duel Hollande-Sarkozy (Paris, Éditions du Moment, 2012, 288 pages). Sibylle Vincendon retrace François Hollande président élu (Toulouse, Privat, 2012, 144 pages). Valérie Trierweiler a profité de sa position pour photographier François Hollande président (Paris, Cherche Midi, 2012, 144 pages). En revanche, Sylvain Courage s’est penché sur celle que la précédente a supplantée, L’Ex (Paris, Éditions du Moment, 2012, 288 pages). On appréciera également l’ humour jamais méchant de l’un des grands dessinateurs de la presse française dans 2011 vu par Chaunu et 2012 vu par Chaunu (Rennes, Ouest-France, 2012, 48 pages chacun). Quant à l’année en cours, elle restera dominée par les mensonges du ministre du Budget, remarquablement disséqués par Charlotte Chaffanjon dans Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux (Paris, Plon, 2013, 240 pages).

Jean Gentaz

 

Décortiquer notre société

Un certain nombre d’ouvrages poussent à la réflexion sur la société dans laquelle nous vivons et à la construction permanente de laquelle nous participons. Des évolutions ou des permanences s’affirment, telles celles décrites par Anne Clerval dans Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale (Paris, La Découverte, 2013, 256 pages) ou par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans La violence des riches. Chronique d’une immense casse sociale (Paris, La Découverte, 2013, 256 pages). En revanche, collationnées sous la direction de Nicolas Truong, on voit certaines Résistances intellectuelles. Les combats de la pensée critique (Avignon / Paris, Festival d’Avignon / Éditions de l’Aube, 2013, 336 pages), pas aussi anticonformistes qu’on le croirait. Quant aux rapports complexes entre le passé et le présent, ils inspirent à Marc Olivier Baruch son interrogation : Des lois indignes ? Les historiens, la politique et le droit (Paris, Tallandier, 2013, 352 pages). Pierre-André Taguieff, lui, veut rétablir les faits avec son Court traité de complotologie. Suivi de “Le complot judéo-maçonnique“ : fabrication d’un mythe apocalyptique moderne (Paris, Mille et une nuits, 2013, 440 pages).
Il existe aussi une tentation totalitaire lorsqu’on prétend détenir la vérité par la science, la raison ou tout simplement le savoir. Les auteurs dirigés par Yves Deloye, Olivier Ilhl et Alfredo Joignant s’interrogent à ce sujet dans leur Gouverner par la science : perspectives comparées (Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2013, 288 pages). Jean Caune, lui, essaie d’y trouver son miel Pour des humanités contemporaines. Science, technique, culture : quelles médiations ? (Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2013, 320 pages) tandis que Christian Gerondeau jubile avec La poule aux œufs d’or. La renaissance de Polytechnique (Paris, Éditions du Toucan, 2013, 352 pages). Michel Lefeuvre se veut plus prudent en décrivant Science et philosophie. Panorama 1945-2012 (Paris, Salvator, 2013, 182 pages). Thibaud Collin se penche Sur la morale de Monsieur Peillon (Paris, Salvator, 2013, 144 pages) alors que Laurence Loeffel entend revenir aux sources de la pensée ministérielle avec La morale à l’école selon Ferdinand Buisson (Paris, Tallandier, 2013, 320 pages). De toute manière, comme le montre Jérémy Collot, il faut, aux Nouveaux élèves, nouvelle autorité (Paris, Le Pommier, 2013, 160 pages).
La violence sous toutes ses formes a inspiré diverses études. Robert Colonna d’Istria s’exclame : Ils sont fous ces Corses ! (Paris, Éditions du Moment, 2013, 208 pages), tandis que Patrick Mennucci, avant de gagner la primaire socialiste dans sa ville, s’affirmait dans Nous, les Marseillais (Paris, Pygmalion, 2013, 288 pages). Roland Môntins est resté Dans l’ombre du Gign (Paris, Le Rocher, 2012, 224 pages) et Hugues Moutouh a vécu 168 heures chrono : la traque de Mohamed Merah (Paris, Plon, 2013, 198 pages). Enfin, pour avoir été verbale, Clément Weill-Raynal a éprouvé une fureur inattendue puisqu’il a été Le fusillé du Mur des cons (Paris, Plon, 2013, 144 pages).
Jean-Gabriel Delacour

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