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Historique des éditoriaux:

Numéro 60

  du 30 / 01 / 2012 par Jean Etèvenaux

Présentation:

   Il nous faut d’abord revenir sur la dernière rencontre de 2011, qui nous a permis des moments très gastronomiques, où le plaisir de l’écoute a été doublé par le magnifique buffet préparé par Serge Bertrand, l’un des auteurs interrogés — qui n’a d’ailleurs pas pu suffisamment présenter son très intéressant Rhône-Alpes. Terre gourmande, ni la démarche qui l’a conduit à créer sa propre maison d’édition, Page d’écriture, avec un objectif très précis. Mais nous aurons l’occasion de le retrouver.

   On peut en tout cas dire que la profusion des intervenants aurait suffi à remplir la soirée. D’abord parce qu’ils étaient extrêmement nombreux à cette table ronde organisée par la Sélyre, témoignant ainsi de la richesse éditoriale se rapportant à la cuisine lyonnaise. Quelle chance, en effet, d’avoir pu réunir les critiques Christian et Muriel Mure (Lyon gourmand), Anthony Serex (Bouchons de Lyon et Lyon Petit Futé), Louis Gauthier (Le Petit Paumé) aux côtés des chefs Serge Bertrand (Rhône-Alpes Terre gourmande) et Jean-Paul Borgeot (Mémoires entassées), sans oublier Jacotte Brazier qui nous a parlé de son prix Eugénie Brazier et de l’exposition qui, visible aux Musées Gadagne jusqu’au 29 avril, se perpétue dans le magnifique catalogue Gourmandises. Histoire de la gastronomie à Lyon !

   Mais cette soirée restera aussi dans les mémoires à cause de la discussion aussi franche que courtoise qui a permis d’expliquer non seulement comment procédaient les critiques mais aussi pourquoi certains commentaires pouvaient être mal reçus des restaurateurs. Tous ceux qui ont assisté à ces échanges ont compris combien il avait été avantageux que chacun ait pu s’exprimer, les uns pour lâcher ce qu’ils avaient sur le cœur, les autres pour donner leur motivation et leur méthode.

   Avant que nous ne nous retrouvions le 2 février avec le programme éclectique qui vous est proposé dans l’invitation, il convient aussi d’attirer l’attention sur le Prix Seveyrat, pour lequel nous appelons les poètes ayant publié à compte d’éditeur de ne pas manquer de se manifester. C’est aussi une manière de manifester la diversité des centres d’intérêt de la Sélyre. Là aussi, parlez-en autour de vous.

 

Livres politiques :
  Présentons d’abord des réflexions générales. Olivier Berruyer lance ainsi un cri : Stop ! Tirons les leçons de la crise. Et ce n’est pas fini : la preuve par les chiffres… (Gap, Éditions Yves Michel, 2011, 600 pages). Un peu dans le même ordre d’idées et dans le prolongement de ses interpellations antérieures, François de Closets, avec Irène Inchauspé, s’interroge : L’échéance. Français, vous n’avez encore rien vu (Paris, Fayard, 2011, 308 pages). C’est aussi l’occasion pour Pierre Merle de passer en revue le Politiquement correct. Dico du parler pour ne pas dire (Paris, Éditions de Paris, 2011, 192 pages). Plus gravement et plus profondément, Thierry Ménissier expose La liberté des contemporains. Pourquoi il faut rénover la République (Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2011, 280 pages). Quant à Dominique Reynié, il dresse un constat touchant aussi bien la gauche que la droite et la France que l’extérieur, avec Populisme : la pente fatale (Paris, Plon, 2011, 288 pages).

  Justement, Michel Dreyfus rappelle ce qu’a été L’antisémitisme à gauche. Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours (Paris, La Découverte, 2011 [1ère édition : 2009], 366 pages). En revanche, Hervé Algalarrondo détaille La gauche et la préférence immigrée (Paris, Plon, 2011, 156 pages) en montrant le changement opéré. Concernant la quarantaine d’années passée, Jean-Pierre Le Goff brosse dans La gauche à l’épreuve 1968-2011 (Paris, Perrin, 2011, 288 pages) une intéressante fresque. Un cas particulier qui défraie la chronique depuis six mois suscite une réflexion de fond chez Damien Le Guay : De quoi DSK est-il le nom ? (Paris, L’Œuvre, 2011, 208 pages) et un pamphlet du précédent mari d’Anne Sinclair, Ivan Levaï, sous le titre Chronique d’une exécution (Paris, Le Cherche-Midi, 2011, 192 pages). Autre sujet, abordé par un de ceux qui le connaissent sans doute le mieux, Renaud Muselier, avec Le système Guérini (Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 2011, 272 pages). D’une manière encore plus incisive, Guillaume Bachelay et Najat Vallaud-Belkacem lancent : Réagissez ! Répondre au FN de A à Z (Paris, Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 160 pages). De même, Roland Dumas et Jacques Vergès dénoncent Sarkozy sous BHL (Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 2011, 128 pages).

Puisqu’on parle du chef de l’État, c’est le moment de commencer à regarder de près, grâce à l’ouvrage dirigé par Pierre Bréchon, Les élections présidentielles en France. Quarante ans d’histoire politique (Paris, La Documentation française, 2011, 184 pages). On le complétera par l’étude de Pascal Jan, Le président de la République au centre du pouvoir (Paris, La Documentation française, 2011, 214 pages) et celle de Jean Massot, Chef de l’État et chef du gouvernement. La dyarchie hiérarchisée (Paris, La Documentation française, 2011, 224 pages). Mais on n’oubliera pas une question qui sera bientôt remise à l’ordre du jour avec la réforme territoriale et qu’Adrien Roux développe dans 50 ans de démocratie locale. Comment la participation citoyenne s’est laissée endormir, pourquoi elle doit reprendre le combat (Gap, Éditions Yves Michel, 2011, 128 pages).

 

Des bd autour de la Seconde Guerre mondiale

Assistons d’abord aux préparatifs avant-guerre. Tandis que semblent s’amorcer en Belgique Les temps nouveaux (Le Lombard) dont Warnauts et Raives proposent le premier tome et que Griffo et Desberg organisent contre Sherman (Le Lombard), des deux côtés de l’Atlantique, Le piège. Bayreuth, on voit se livrer La guerre des magiciens (Delcourt), dont le début se déroule à Berlin avec des protagonistes qui sont loin d’être tous Allemands, mis en scène par Trillo, dal Pra’ et Mandrafina. Sujet semblable, mais en plein conflit, avec I am legion (Les Humanoïdes associés), où John Cassaday et Fabien Nury mettent en scène un univers inquiétant.
Pour le deuxième album de Résistances (Le Lombard), Plumail et Derrien font souffler Le vent mauvais qui bouscule tous les personnages. Quant à Beuriot et Richelle, dans le cinquième titre de la saga des Amours fragiles (Casterman), ils calquent l’épopée lyonnaise de Jean Moulin dans un volume sobrement intitulé, lui aussi, Résistance.
   C’est le moment de s’attarder sur des albums plus documentaires. On commencera par le collectif réalisé à l’occasion d’une exposition au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon : Traits résistants. La Résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours (Libel). Cet excellent travail conduit par Isabelle Doré-Rivé et Guy Krivopissko déborde sur la Belgique et prend aussi en compte de simples illustrations, avec, de surcroît, une rapide présentation du fonds de la Bibliothèque municipale de Lyon, constitué grâce au dépôt légal imprimeur.
   Voguons maintenant un peu. Sous une forme légèrement romancée, le premier tome de L’or de France (Le Lombard) raconte La croisière de l’Émile Bertin, autrement dit le sauvetage des réserves de la Banque de France. Le collectif qui s’est attelé au Normandie, paquebot de légende (Glénat) montre comment l’audacieux projet de la Compagnie générale transatlantique s’est achevé sans gloire dans le port de New York en 1942. Nicolas Juncker, lui, poursuit le récit de ces marins allemands Immergés (Treizeétrange / Glénat). Enfin, dans la série lancée par Jacques Martin avec Les reportages de Lefranc, Olivier Weinberg décrit, documents à l’appui, Le mur de l’Atlantique (Casterman). On ne s’étonnera que ce sujet, précisément, serve de toile de fond à la dernière aventure de Lefranc, Les enfants du bunker (Casterman), bien que cette réalisation d’Alain Maury et de Michel Jacquemart non seulement soit déroutante mais emporte peu l’adhésion.
On lui préférera le tome 5 d’Il était une fois en France, où Fabien Nury — déjà cité au début de cet article — et Sylvain Vallée s’inspirent de façon magistrale de cet étrange personnage que fut Joseph Joanovici et de ses si diverses relations, tous confrontés, dans ce cinquième tome, au Petit juge de Melun (Glénat). Puisque l’étrange ferrailleur fut soupçonné d’œuvrer pour l’Urss, profitons-en pour recommander la première partie fascinante de l’œuvre de Bourgeron et Ricard, Stalingrad Khronika (Dupuis) : à la fois une description de l’enfer qui régna là-bas et des relations compliquées entre des hommes à la fois soutiens et victimes du régime stalinien. Cette atmosphère de doute et de suspicion se retrouve dans le deuxième tome de La corde (Dupuis), inséré dans la série Secrets, qui déborde de la période mais y plonge ses racines.

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