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Sortie pour les 250 ans de Germaine de Staël

Au départ, vingt-deux, mais par un triste sort,
Seulement une douzaine se rendit à bon port.

  Le samedi 24 septembre, la ferme-restaurant du Mont Mussy, au-dessus de Divonne, a réuni les participants aux environs de onze heures dans un cadre enchanteur avec vue sur le lac Léman. La maison et sa terrasse dallée étendue sous un vénérable tilleul côtoyait le bois où serpentait la route forestière d'accès. Après que chacun, membre ou non de la Sélyre, se soit présenté, Jean Étèvenaux a donné le départ de la rencontre. Avec verve et diverses anecdotes, il a mis en scène Madame de Staël, écrivaine et philosophe née le 28 avril 1766.

La fille de Necker
Issue d'une famille de protestants genevois richissimes, Germaine est la fille du banquier Jacques Necker qui fut ministre des Finances du roi Louis XVI, et de Suzanne Curchod, originaire du canton de Vaud. Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres qui fréquentent assidûment le salon de sa mère : Buffon, Marmontel, Grimm, Edward Gibbon, l'abbé Raynal et Jean-François de La Harpe.
Elle épouse, en 1786, le baron Erik Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur du roi Gustave III de Suède auprès de la cour de France à Versailles, son aîné de dix-sept ans. Le couple se séparera en 1800. Devenue baronne de Staël, elle mène une vie sentimentale agitée, nourrit une grande tendresse pour François de Pange et entretient en particulier une relation orageuse avec Benjamin Constant, écrivain et homme politique franco-vaudois rencontré en 1794.
Elle est favorable à la Révolution française et aux idéaux de 1789. Cependant, en 1792, ses idées d'une monarchie constitutionnelle la font considérer comme une opposante redoutable et elle doit à plusieurs reprises se réfugier en Suisse auprès de son père. Interdite de séjour sur le sol français par Napoléon qui la considère comme un obstacle à sa politique, elle s'installe en Suisse dans le château familial de Coppet qui sert de lieu principal de rencontres au groupe du même nom. Elle se remarie en 1811 avec un jeune officier genevois, Albert de Rocca, et rouvre son salon parisien à la faveur de la Restauration de la maison de Bourbon.
Elle popularise en France, avec la publication de De l'Allemagne (1813-1814), les œuvres des auteurs de langue allemande, jusqu'alors relativement méconnues. Elle ouvre ainsi la voie au romantisme français, directement inspiré des premiers romantismes allemand et anglais. Ses œuvres fictionnelles majeures, dans lesquelles elle représente des femmes victimes des contraintes sociales qui les enchaînent, sont Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807). Elle meurt en 1817, peu de temps après une attaque de paralysie qui la terrasse au cours d'un bal que donnait le duc Decazes.

 

L'apéritif servi à l'issue de la prestation de notre président fut l'occasion de discussions et commentaires. Puis l'on prit place autours de la longue table pour le déjeuner qui débuta avec une salade riche en légumes variés. Elle fut suivie par une tranche de viande sauce Roquefort et son accompagnement et pour finir, une tarte au choix.

Château familial

Retour en Suisse où les voitures se retrouvent pour la visite du château de Coppet, dont la construction remonterait à l'époque du comte Pierre II de Savoie, mort en 1268, et se serait achevée sous l'un de ses successeurs de la famille de Thoire et Villars. Le château avec son donjon dominait les maisons groupées près du lac. Après les Villars, Humbert d'Allamand, puis Othon de Grandson le poète chevalier, habitèrent Coppet. Au cours des luttes qui opposèrent les Vaudois aux Bernois, ceux-ci s'emparèrent du château et l'incendièrent en partie. Après sa reconstruction, il fut propriété des seigneurs de Viry, du connétable de Lesdiguières, puis de la puissante famille des princes de Dohna, gouverneurs de la ville d'Orange en France. Ce sont eux, puis leur successeurs, les Hogguer, qui ont donné au château son aspect actuel, entre les années 1680 et 1730 environ.
La renommée du château de Coppet commence en 1784, année de son achat par Jacques Necker, d'origine genevoise.

 

La maison est restée ensuite entre les mains de ses descendants, au premier rang desquels figure Madame de Staël. Après son fils aîné, Auguste, mort jeune, et de sa veuve, le château est passé en 1878 entre les mains de la famille d'Haussonville : l'actuel propriétaire représente la huitième génération depuis Necker et le dixième propriétaire depuis 1784.
Coppet est la seule demeure de la région lémanique encore en mains privées, ayant conservé tous ses meubles, objets d'art, tableaux et souvenirs de famille. Ce n'est pas un musée mais une propriété familiale ouverte au public. Quant à la description de sa visite, elle mériterait un développement complémentaire, dont il serait dommage de l’abréger.
Après une la photo souvenir dans le parc, les participants se sont retrouvés attablés au bord du lac pour profiter de la vue admirable, du soleil et du plaisir de terminer cette journée autour d'un verre.

        Alain Larchier

Le château de Coppet

Le château de Coppet

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