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Historique des éditoriaux:

Editorial et articles de la dernière lettre numéro 89

  du 19/02/2018

Editorial :

Le 20e Printemps des Poètes se tiendra du 3 au 19 mars. Cette manifestation vise à mieux faire connaître la vitalité poétique par un concentré d’actions se déroulant sur deux semaines. C’est une façon de contrer les idées reçues plutôt négatives sur la poésie et de rendre justice à tous ceux qui œuvrent dans ce domaine méconnu. La responsable nationale depuis cette année est Sophie Nauleau, écrivain et producteur à France Culture qui se trouve aussi à l’origine du nouvel emblème dessiné par Ernest Pignon-Ernest — reproduit en première page. Sur ce « somptueux pastel représentant l’envol d’un être ailé » elle s’interroge : « Est-ce un homme, une femme, un ange, une chimère ? C’est tout cela, mais aussi Zélos, le dieu grec du zèle et de l’ardeur, frère méconnu de Niké, la Victoire. Cette aile bleue sur un revers de toile brute est à l’image de notre ambition : à la fois intense et artisanale ».
On pourra trouver des renseignements plus précis sur ce qui va se dérouler à Lyon, dans le Rhône, dans l’ensemble de la région et ailleurs en consultant le site https://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=ouquiquoi/choix_dept.php&region=1.
Profitons de l’occasion pour donner un écho au 17e Concours de poésie Paul Verlaine, organisé par l’association Les Amis de Verlaine, dont le siège se trouve dans sa ville natale de Metz. Là aussi, une adresse sur l’internet permet d’obtenir de plus amples renseignements : http://www.amis-verlaine.net/le-concours-de-poesie-paul-verlaine/le-reglement-annuel/. Disons tout de suite que, ouvert jusqu’au 1er mars 2018, il se décline en quatre catégories : poésie libre, poésie régulière contemporaine (selon les règles de la prosodie), poésie jeune espoir (pour les poètes âgés de 14 à 25 ans) et catégorie junior (pour les 8 à 13 ans).
Toujours pour ce Concours de poésie Paul Verlaine, on note un 1er prix doté de 200 €, un 2e et un 3e de 150 €, avec des diplômes, des livres ou des cadeaux ainsi que des mentions d’honneur — ainsi qu’un prix spécial de 200 € dans la catégorie poésie jeune espoir, remis par le Lions Club Metz Verlaine, et deux prix de 140 € pour inciter les jeunes talents à persévérer dans la pratique de l’écriture poétique ainsi que des mentions spéciales et d’encouragement. Les textes primés seront également publiés dans la revue L’actualité Verlaine n° 8.
Cette initiative d’ampleur nationale devait être mise en valeur car elle concourt — c’est le cas de la dire — à la reconnaissance de la poésie et des poètes.

Biographies pour toutes les époques

Genre très couru, tant par les lecteurs que par les auteurs, la biographie permet de plonger tout à la fois dans la psychologie d’êtres humains précis et dans l’univers d’époques plus ou moins lointaines. De l’Antiquité jusqu’à nos jours, en voici quelques illustrations récentes.
Mireille Hadas-Lebel fait (re)découvrir un personnage emblématique de la prégnance romaine dans ce qu’on n’appelait pas encore le Proche-Orient, Hérode (Paris, Fayard, 2017, 368 pages). De même, Virginie Girod démonte ce qu’a fait et représenté la terrible Agrippine. Sexe, crime et pouvoir dans la Rome impériale (Paris, Tallandier, 2015, 304 pages).
En franchissant les siècles, voici, grâce à Françoise Surcouf, le roi-chevalier figure de la Renaissance, François Ier (Rennes, Ouest-France, 2015, 106 pages). Moins connu, apparaît, sous la plume de Vincent Schmid, comme un véritable apôtre de la tolérance Sébastien Castellion (Vandœuvres, 2015, 40 pages), dont on réédite par ailleurs le Conseil à la France désolée (texte de 1562 et transposition en français contemporain, présentation, notes et transposition par Michel Kneubühler, Vénissieux, La Passe du Vent, 2015, 148 pages). Mais c’est aussi l’époque des grandes maîtresses royales : Didier Le Fur évoque Diane de Poitiers (Paris, Perrin, 2017, 384 pages) et Isaure de Saint Pierre Gabrielle d’Estrées ou les belles amours (Paris, Albin Michel, 2017, 400 pages).
Pour la période de Louis XIV, Marie-Joëlle Guillaume s’attache à Vincent de Paul. Un saint au Grand Siècle (Paris, Perrin, 2015, 496 pages). Erik Orsenna se délecte avec La Fontaine  1621-1695 une école buissonnière (Paris, Stock / France Inter, 2017, 216 pages). Joël Schmidt nous fait comprendre Bossuet (Paris, Salvator, 2017, 304 pages). Michel Loude se coule dans la peau de son personnage : Je suis… François de Fénelon (Lyon, Jacques André éditeur, 2017, 88 pages).
Abordons des temps plus troublés. Avec Alain Sanders et Jean Raspail revit la figure d’Armand de La Rouërie. L’“autre héros des deux nations“ (Paris, Atelier Fol’fer, 2013, 234 pages). Grâce à Hélène Becquet, on partage le sort de Louis XVII (Paris, Perrin, 2017, 304 pages). Les grandes figures de la Révolution défilent alors : par Michel Benoit, Saint-Just, la liberté ou la mort, suivi de Le Nivernais-Morvan sous la Révolution (Clermont-Ferrand, De Borée, 2017, 384 pages) ; par Jean-Joël Brégeon, Carrier et la Terreur nantaise (Paris, Perrin, 2016 [1re édition : 1987], 368 pages) ; par Ménie Grégoire, Madame Roland (Paris, Éditions de Fallois, 2014, 272 pages) ; par Hélène Maurice-Kerymer, Le roman de Charlotte, née Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont (Paris, Éditions du Rocher, 2013, 264 pages).
Très marqué par les soubresauts révolutionnaires, le XIXe siècle fournit à Giorgio Barberis l’occasion d’expliquer Louis de Bonald. Ordre et pouvoir entre subversion et providence (Paris / Perpignan, Desclée de Brouwer, 2016 [édition originale en italien : 2007], 372 pages). Dominique Paoli montre le rôle de Madame Adélaïde. Sœur et égérie de Louis-Philippe (Paris, Perrin, 2016, 352 pages), tandis qu’Éric Sartori s’attache à Rumford. Le scandaleux bienfaiteur d’Harvard (Paris, La Bisquine, 2016, 336 pages). Du côté des lettres et des arts, Claude Loude prend d’autres traits : Je suis… George Sand (Lyon, Jacques André éditeur, 2017, 88 pages) en même temps que Damien Zanone réunit et présente des textes sur George Sand et l’idéal. Une recherche en écriture (Paris, Honoré Champion, 2017, 470 pages). Odile Nguyen-Schœndorff et Pierre Widman s’imaginent : Je suis… Pierre Puvis de Chavannes (Lyon, Jacques André éditeur, 2016, 96 pages).
Retour à la politique avec l’ouvrage dirigé par Emmanuel de Waresquiel sur Les lys et la République. Henri, comte de Chambord (1820-1883) (Paris, Tallandier, 2015, 272 pages). Mona Ozouf dépeint Jules Ferry. La liberté et la tradition (Paris, Gallimard, 2014, 128 pages). On arrive vite, mis en scène par Michel Winock, à Clemenceau (Paris, Perrin, 2017 [édition revue et actualisée - 1re édition : 2007], 576 pages). À l’étranger, Jean des Cars se penche sur François-Joseph et Sissi. Le devoir et la rébellion (Paris, Perrin, 2017, 544 pages).

L’aventure au fil du temps en bd

La bande dessinée, c’est le royaume de l’aventure. Certes, elle peut véhiculer les approches les plus diverses, de l’humour à l’introspection, de la religion à la pédagogie, mais le genre qui la définit le mieux reste celui construit autour d’un scénario solide — qui peut d’ailleurs être emprunté à l’Histoire ou à la littérature, voire au cinéma —, autrement dit d’une narration relatant une ou plusieurs aventures. En voici quelques exemples s’étalant au fils du temps, essentiellement sur les deux derniers siècles.
D’après un roman de Claude d’Aubercies, sur un scénario de Denis-Pierre Filippi et des dessins de Marco Bianchini, voici le deuxième tome de 999 À l’aube de rien du tout (Glénat) : le chat philosophe Turolde raconte un Moyen Âge incertain, quelque peu caricatural et complètement impitoyable. On retrouve également beaucoup de dureté dans le second volume de la saga post-napoléonienne de Frank Giroud et Gilles Mezzomo, Le vétéran (Glénat), dont on regrette qu’il colle moins à l’Histoire que la première partie. Édouard Chevais-Deighton et Antoine Giner-Belmonte nous emmènent de l’autre côté de l’océan, dans le monde des plantations, en disséquant les Liens de haine (Grand Angle) qui forment la première partie des Maîtres de WhitePlain.
Abordons des mondes plus proches. Rodolphe et Griffo, en imposant un double au célèbre écrivain, produisent un plaisant Dickens et Dickens (Vents d’Ouest), dont le deuxième tome multiplie les Jeux de miroir. Toujours à Londres, mais quelque soixante-dix ans plus tard, voici l’histoire, finalement assez impitoyable, de 40 éléphants. Florrie, doigts de fée (Grand Angle), qui dépeint une véritable bande de femmes qui arrivent, face aux hommes et à la police, à voler comme à cambrioler, à tuer comme à kidnapper. On a presque envie d’en rapprocher cette nouvelle édition en fac-similé des premières aventures de Mickey Mouse par Floyd Gottfredson : La vallée de la mort et autres histoires (Glénat) permet en effet de découvrir un aspect du souriceau gommé par le petit écran et qui se révélait un véritable trompe-la-mort fort éloigné des romances et bluettes cinématographiques ; il s’agit d’un beau travail de restitution d’un auteur d’ailleurs choisi par Walt Disney.
Réaliste d’une tout autre manière, Marcel Pagnol reste un formidable raconteur d’histoires. Ce sont d’ailleurs parfois les siennes, comme Le temps des secrets (Grand Angle), dû à Serge Scotto, Éric Stoffel et Morgann Tanco ; ils continuent à illustrer avec le plus grand bonheur ce monde provençal d’autrefois. Plus froid s’avère évidemment le sujet d’Edelweiss (Vents d’Ouest) : Cédric Mayen et Lucy Mazel non seulement entraînent le lecteur dans les Alpes mais développent une histoire triste comme un hiver sans fin. La collaboration de Jean-Claude Bartoll et de Yishan Li offrent aussi, avec le premier tome de Lady Di & me, la vision d’Un prince pas si charmant (Glénat) qui constitue une portrait à charge en même temps qu’une sorte d’identification avec la princesse délaissée. Enfin, plus politique, Député. La noble assemblée (Grand Angle), réalisé avant les dernières élections législatives, donne le portrait nuancé — c’est le moins qu’on puisse dire — des parlementaires ayant en charge la République.
Gihé


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